Les étudiants du Master 2 Pro E.C.A. ont lu pour vous… (10)

Les étudiants du Master 2 Pro E.C.A. ont lu pour vous Problèmes stratégiques de la guerre révolutionnaire en Chine de Mao Tsé-Toung (1936).

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Illustration FDLQB            Mao Tsé-Toung apparait comme l’homme qui a mis fin une période où la Chine connut un statut semi-colonial qui commença avec la Guerre de l’Opium en 1840. De 1935 à la proclamation de la République, il est le dirigeant militaire et politique incontesté du Parti. Il passe pour être le théoricien de la guerre révolutionnaire, notamment par son ouvrage Problèmes stratégiques de la guerre révolutionnaire en Chine, écrit en décembre 1936.

            La Chine participe au choc des civilisations dans le monde au XIXème siècle, marqué notamment par l’irruption impériale des européens dans le monde afro-asiatique. En Chine, la prise de contrôle s’effectue entre 1840 et 1860 (guerre de l’Opium, expéditions franco-anglaises, avancées russes). La crise atteint son paroxysme en 1895 avec la défaite des chinois face au Japon et l’annexion de Formose, entraînant des troubles sociaux et politiques : insurrection des Taiping (1851-1864) et révolte des Boxers (1900-1901).

À l’intérieur de la Chine, le conflit social fondamental oppose la masse de paysans pauvres aux notables ruraux. En 1923, l’U.R.S.S. signe un manifeste avec le Kuomintang et non avec le Parti Communistes chinois (P.C.C.) trop faible, créé en 1921 autour de 70 membres (dont Mao). À cette époque, c’est le Kuomintang qui est perçu comme la motrice anti-impérialiste.

Malgré la modestie du nombre de ses cadres, le noyau du P.C.C. se révèle dynamique et s’implante en milieu ouvrier, à Canton et Shanghai notamment. Le P.C.C. saisit l’opportunité des mouvements de protestation et décuple le nombre de ses adhérents. Les différentes grèves insurrectionnelles sont systématiquement réprimées par le Kuomintang et les structures du Parti dans les villes sont presque totalement éradiquées.

Après l’échec en milieu urbain, le P.C.C. se replie en campagne, dans la clandestinité, dans la province du Kiangsi (sud-est de la Chine). Mao découvre les potentialités révolutionnaires de la paysannerie pauvre lors d’une enquête relative au mouvement paysan du Hunan (mars 1927). Après avoir essayé de soulever les paysans de cette région en septembre 1927, Mao se replie sur les monts Jing Gang où il instaure une base révolutionnaire rurale en compagnie de Chu Teh, un cadre militaire exceptionnel.

La guerre civile connaitra trois théâtres d’opérations : la Chine centrale (Kiangsi et Hunan), l’ouest et le nord-ouest du pays durant la Longue Marche (octobre 1934-octobre 1935) et le Shensi nord (Yenan, 1936-1937). La base révolutionnaire centrale subit cinq campagnes d’annihilation, menées par les troupes du Kuomintang. Les trois premières campagnes sont aisément tenues en échec par les forces communistes de Chu Teh, plus mobiles et motivées et s’appuyant les renseignements fournis par la population locale.

La cinquième campagne, soigneusement préparée par les conseillers allemands du Kuomintang, engage 700 000 hommes, appuyés par une aviation de 150 appareils et s’étend sur quatre provinces. Elle consiste en un véritable encerclement destiné à réduire l’aire contrôlée par les communistes et à les priver, autant que possible, d’initiative. Les forces communistes, qui alignent 120 000 hommes (dont 30 000 en réserve), doivent tenir en pratiquant la guerre frontale, selon la nouvelle ligne du Parti (qui a désavoué les techniques de guérilla de Mao et de Chu Teh). La situation devient intenable dès avril 1934 et une retraite est nécessaire. C’est le début d’une retraite de mille kilomètres, qui sera ensuite célébrée en tant qu’épopée, sous le nom de Longue Marche durant laquelle Mao se hisse véritablement à la direction du parti et de l’armée.

De 1934 à 1935, la Longue Marche est à la fois un exploit militaire et un événement politique aux conséquences considérables : la survie de l’appareil du Parti est assurée ainsi que nombre de ses cadres moyens, nécessaires au travail de politisation et d’organisation de la population. De plus, la Longue Marche marque l’autonomisation du P.C.C., notamment vis-à-vis de Moscou. La réorganisation du Parti va de pair avec une réorganisation de sa stratégie, ce que fait Mao dans son petit traité Principes stratégiques de la guerre révolutionnaire en Chine (1936).

            Divisé en cinq chapitres, ce traité se veut un manuel à l’usage des cadres du P.C.C. dans la conduite de la guerre révolutionnaire en Chine. Le traité peut se diviser en trois parties.

Dans la première partie, Mao introduit sa vision de la guerre révolutionnaire en expliquant que ses spécificités celles de la Chine imposent une adaptation de ses lois. Il est donc impossible d’appliquer aveuglément les lois héritées de l’expérience russe, comme cela l’a été avant la Longue Marche (« Les lois de la conduite de la guerre varient en fonction des conditions de la guerre, selon le temps, le lieu, le caractère de la guerre »).

Dans une deuxième partie, Mao dégage quatre particularités de la guerre révolutionnaire en Chine : un immense pays semi-colonial (possibilité de manœuvre accrue), un ennemi fort, une Armée rouge faible et une direction de la guerre assumée par le P.C.C. alors que la guerre est une révolution agraire (soutien de la paysannerie et donc accès au renseignement).

Enfin, dans une dernière partie, Mao explique sa vision des diverses phases de la conduite des opérations. L’Armée rouge doit être capable de passer d’une phase défensive active (où elle cherche à se renforcer) à une contre-offensive stratégique lorsque les circonstances et les moyens permettent une concentration des forces au niveau local, même si le rapport de force est défavorable au niveau opératif. Cette concentration des forces repose sur la pratique de la guerre de mouvement : les lignes de front ne sont pas figées en raison de la supériorité de l’ennemi et de la pratique de retraites stratégiques tant que le rapport de force n’est pas favorable à l’Armée rouge. Cette instabilité des fronts entraîne, par ailleurs, la nécessité de forcer la décision rapidement en raison de la faiblesse des ressources de l’Armée rouge.

Toutes ces caractéristiques impliquent de mener une guerre d’anéantissement de l’ennemi. La guerre d’anéantissement permet de compenser les pertes avec les gains subtilisés à l’ennemi, notamment son matériel de plus haute valeur technologique : « Notre politique fondamentale est de nous appuyer sur l’industrie de guerre de l’impérialisme et de notre ennemi à l’intérieur du pays. Nous avons droit à la production des arsenaux de Londres et de Hanyang, et les unités de l’ennemi se chargent du transport ».

            Le traité sur la guerre révolutionnaire en Chine apparait comme un moyen d’assurer la légitimité de Mao sur le P.C.C. : il désavoue les leaders précédents, incapables de prendre en compte les spécificités chinoises, et justifie un changement dans la conduite des opérations, notamment autour de la retraite stratégique (dont la Longue Marche est une illustration).

Du point de vue militaire, la victoire de Mao est l’expression d’une époque et d’un pays donné. Elle a été servie par l’étendue du pays et la vétusté des infrastructures. La faiblesse de l’aviation des nationalistes est une des raisons du succès final de la Longue Marche

L’innovation première de Mao est une révision de l’orthodoxie du marxisme-léninisme en matière de révolution. Le parti d’avant-garde, création théorique de Lénine, était un instrument destiné à organiser, encadrer et entraîner le prolétariat afin de hâter la prise de pouvoir. Avec Mao, une fois le prolétariat décimé en 1927, le parti d’avant-garde se greffe sur la paysannerie pauvre.

Le modèle maoïste se caractérise par un front uni au sein duquel le P.C.C. a l’hégémonie, par le rôle que joue la paysannerie et par la création de bases rurales. Ces dernières s’articulent sur des forces d’autodéfense villageoises, des forces armées à l’échelon de la province, et enfin sur l’armée proprement dite.

L’armée obéit à une stratégie particulière : éviter le combat si le rapport de force est défavorable et avoir pour objectif la destruction et l’anéantissement des forces de l’ennemi, sans se préoccuper de la défense ou de la conquête d’un territoire. L’armée utilise, selon les circonstances, des troupes irrégulières (guérilla) ou régulières (armée classique) en pratiquant une guerre de mouvement, tout en préparant soigneusement les conditions qui permettent, au moment favorable, un engagement victorieux, en ne permettant pas à l’adversaire de se ressaisir. Pour parvenir à ses fins, le Parti doit veiller à l’articulation entre travail politique et activité militaire.

Le parti s’occupe du travail d’agitation et de propagande, d’organisation et d’encadrement des villages. Le but est de constituer une infrastructure politique clandestine, élément vital d’une guérilla sur le long terme. Le Parti a pour tâche de se substituer à l’État par la « constitution des hiérarchies parallèles » et gagner la majorité de la population en modifiant le rapport de force social à l’intérieur de la communauté.

Dans Problèmes stratégiques de la guerre révolutionnaire en Chine, Mao tire les leçons des années précédentes, juste après la Longue Marche, où les opérations proprement militaires étaient menées par Chu Teh mais dans le cadre d’une stratégie politico-militaire définie par Mao.

La guérilla est une technique utilisée par des irréguliers, fondée sur la surprise et le harcèlement, destinée à affaiblir une armée régulière. L’innovation maoïste est que la guerre révolutionnaire est fondée sur la surprise et le harcèlement et est destinée à se transformer en une guerre régulière avec inversion du rapport de force. Le but de la guerre révolutionnaire est de s’emparer du pouvoir.

Cette forme de lutte révolutionnaire nécessite d’avoir des bases qui servent à la fois de sanctuaires et d’appuis logistiques, afin de faire en sorte que, graduellement, de petites unités combattantes se transforment en unités régulières menant une guerre de mouvement.

Mao est avant tout soucieux de stratégie intégrale (ce que les anglo-saxons appellent grand strategy), qui s’occupe des buts ultimes de la guerre : dans son cas, la prise de pouvoir à travers un processus politico-militaire.

            L’influence de Sun Tzu et des auteurs de la Chine antique est présente chez Mao, notamment dans les principes régissant l’engagement des forces. Les troupes ne sont engagées que lorsque le rapport de force est favorable, fruit d’un travail de renseignement mené en amont et de mouvement de troupes qui s’appuient sur la « ruse » (Sun Tzu) ou « l’illusion » (Mao).

Néanmoins, Mao n’est pas héritier de Sun Tzu dans sa façon d’appréhender la défaite de l’adversaire. Chez Sun Tzu, il s’agit de battre un adversaire démoralisé, quasiment sans combat. Chez Mao, il s’agit d’anéantir les forces armées de l’adversaire, pas seulement le battre mais l’éliminer et le mettre définitivement hors de combat. Priver l’adversaire de ses forces vives, c’est pouvoir récupérer son matériel, son équipement, ses munitions (choses rares donc précieuses). Mao développe presque une approche clausewitzienne, avec une manière de faire la guerre basée sur l’expérience des défaites précédentes (approche historique), et sur l’idée que guerre et politique sont intimement liées. Mao n’est pas un homme qui conduit les opérations, c’est un stratège politique pour qui la guerre est un moyen d’arriver à des fins politiques. À ce titre, il développe des buts de guerre absolus : l’anéantissement de l’adversaire pour permettre un changement de régime politique.

            L’innovation de Mao est d’insuffler une dimension idéologique à la guerre, porteuse d’un projet futur. Dans une optique trotskiste, le marxisme est une science et va dans le sens de l’évolution de l’Histoire. Les actions contre les traîtres sont justifiées, au même titre que la guerre révolutionnaire. Mao s’inscrit dans la pensée de Trotski dans le déroulé de la guerre révolutionnaire.

Le déclenchement de la révolution est précédé par la mise en place de réseaux de soutiens au sein de la population avec une structure d’encadrement de la population. Cette prise en main de la population s’appuie sur la propagande et la mise en place d’une administration parallèle en détruisant l’autorité officielle. L’administration parallèle est nécessaire pour la logistique et le renseignement et offre un outil de dissimulation des révolutionnaires. L’enjeu de la guerre révolutionnaire est le maintien et le développement de cette administration parallèle. Ce principe se retrouve dans tous les principes opérationnels de Mao : même si le rapport de force est de un contre dix au niveau stratégique, chaque opération se caractérise par un rapport de dix contre un au niveau tactique, d’où la nécessité de disperser l’adversaire.

La guerre d’Indochine est menée par le général Vo Nguyen Giap. Deux zones d’implantation et de prise en main de la population sont créées à Hanoï et Saigon. La prise en main de la population est assurée par des structures associatives ou sportives. Giap se réfugie dans le nord du Vietnam, où il gagne le soutien de Mao à partir de 1949. Sa stratégie est basée sur la dispersion du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient (C.E.F.E.O.), permettant à moins de 300 000 hommes de fixer les 500 000 hommes de l’armée française.

La guerre d’Indochine marque la découverte de la guerre révolutionnaire pour l’armée française face à l’insurrection de type maoïste. Pour les communistes, la révolution passe par cinq phases pour la conquête du pouvoir politique.

La première phase, la plus longue, est la plus importante. En Indochine, elle s’étend sur plus de vingt ans (de 1920 à 1941). L’objectif est de créer un parti élitiste et chimiquement pur. Hô Chi Minh découvre l’idéologie communiste en France et part à Moscou en 1923. Il crée le Thanh Nien (Jeunesse Révolutionnaire du Vietnam) en 1925 à Canton, qui ne compte qu’un millier d’adhérents deux ans plus tard. Avec d’autres exilés indochinois et avec l’aide de Mao, il fonde le Parti Communiste indochinois (P.C.I.) à Hong-Kong, qui connaît une montée en puissance en raison des problèmes économiques de l’Indochine des années 1930.

La guerre révolutionnaire bascule dans la deuxième phase avec l’arrivée des Japonais. La stratégie évolue pour chercher à créer un front uni. L’objectif communiste est alors déguisé derrière un objectif nationaliste. Le parti du Vietminh (Ligue pour l’indépendance du Vietnam) est fondé en 1941. La manœuvre consiste à contrôler la coalition jusqu’à occuper quatre des cinq postes du Directoire du Vietminh. Le P.C.I. est ainsi dissous en 1942. La branche armée du Vietminh, est aidée par l’O.S.S. (Office of Strategic Services, ancêtre de la C.I.A.), qui dispense de l’instruction et aide à la mise en place d’une brigade de la propagande armée (qui permet la canalisation des partis politiques alliés). Le Vietminh acquiert la capacité de saboter les réactions du pouvoir avec l’infiltration de sympathisants dans la police, en profitant de la faiblesse des forces de sécurité.

La troisième phase marque le basculement dans la phase de violence. En 1946, le Vietminh et Hô Chi Minh attaquent Hanoï. L’attaque frontale sur une ville, contraire aux principes maoïstes mais conforme à la ligne militaire de l’Internationale, est un échec. Le Vietminh bascule alors dans une stratégie de guérilla et de harcèlement, dans laquelle les opérations de recrutement et la recherche de soutiens locaux sont essentiels. Le soutien de la Chine communiste est important (la deuxième division du Yunan forme les guérilleros vietnamiens). Les autres partis politiques sont progressivement éliminés par Giap et le P.C.I. est recréé en 1951. La faiblesse initiale du Vietminh réside dans la vulnérabilité et les premières actions qui, malgré les échecs, sont nécessaires pour obtenir de l’expérience, comme l’écrit Mao. Deux types de combattants sont utilisés : des guérilleros et des auxiliaires locaux, qui permettent un appui, une protection et un renseignement des bandes armées. Le soutien de la Chine permet l’organisation de zones-refuges, dans le sud de la Chine, d’où partent les opérations clandestines. Enfin, cette phase marque la mise en place d’une organisation politico-administrative dans chaque division géographique.

La quatrième phase marque l’entrée dans la guerre de mouvement. Le Vietminh parvient à créer des zones libérées à partir desquelles peut s’organiser une véritable armée conventionnelle, comptant même une division d’artillerie lourde. Cette phase est marquée par l’offensive de la RC4 (septembre – octobre 1950) et la destruction de sept bataillons français (5 000 pertes, dont 3 000 prisonniers). Les combats permettent de contrôler des zones et lever des troupes supplémentaires (et augmenter la population sous contrôle). Après la défaite de Diên Biên Phu, le gouvernement français choisit la négociation comme porte de sortie. Les accords de Genève de juillet 1954 marquent une conquête territoriale limitée, avec un contrôle de la partie au nord du 17e parallèle.

Ces accords marquent l’entrée dans la cinquième phase, lors de laquelle les forces loyalistes sont systématiquement détruites. La fin de la guerre ne signifie pas le retour à la paix civile mais marque l’entrée dans la phase de consolidation de l’autorité du Vietminh en s’appuyant sur l’administration parallèle et la destruction des restes de l’ancienne autorité.

            La guerre révolutionnaire se joue essentiellement sur le terrain politique. L’action sur la population est essentielle pour la contrôler et la faire adhérer. Les objectifs de la guerre ne sont ainsi pas seulement des objectifs physiques. L’armée a un rôle essentiel dans l’action politique pour la conquête du pouvoir car elle représente l’interface entre la population et les dirigeants.

Lors de la guerre d’Indochine, l’armée française pouvait s’appuyer sur certains points forts : une connaissance fine de la population avec des officiers parlant des langues locales, une unicité du commandement politique et militaire sous le général De Lattre (1950-1951), qui lui permet de donner la primauté à l’action civile (réhabilitation de l’empereur Bao Dai comme autorité légitime, soutien des États-Unis à la suite d’une requalification de la guerre de « guerre de décolonisation » en « lutte contre le communisme »). Dans le même temps, la mise en place des Groupements administratifs mobiles opérationnels (G.A.M.O.) doit permettre de restaurer l’autorité vietnamienne.

            La contre-insurrection en Indochine impose d’adapter le format du C.E.F.E.O., notamment par le déploiement d’effectifs très importants (jusqu’à 450 000 hommes contre 600 000 Vietminh). Jusqu’en 1952, l’armée française mène une politique de renforcement de ses unités par des éléments locaux (jusqu’à 35 %) puis par la création d’armées indigènes et de milices encadrées pour mener une guérilla sur les arrières des Vietminh. Ces milices sont encadrées par des officiers français comme le Colonel Trinquier (1953 – 1954), chef de corps du Groupement de commandos mixtes aéroportés (G.C.M.A.), et reviennent aux techniques de combat locales historiques.

Cette réorganisation de la structure du C.E.F.E.O. passe par une structuration des unités par secteur, disposant chacun d’unités de guérilla (G.C.M.A.) et d’unités mobiles (troupes aéroportées et infanterie légère). Plus de 250 opérations de niveau supérieur à celui de la compagnie sont ainsi menées, prouvant la grande capacité d’intervention du C.E.F.E.O. au niveau du théâtre.

La véritable faiblesse du dispositif français réside dans le non-contrôle des frontières, qui permet un approvisionnement logistique de l’ennemi et la persistance de sanctuaires, notamment en Chine communiste.

Malgré la défaite de Dien Bien Phu, les bases aéroterrestres ont prouvé leur efficacité dans leur capacité à forcer l’ennemi à se dévoiler. En servant « d’appât » pour des attaques de l’ennemi, ces bases aéroterrestres permettaient de concentrer une grande quantité de Vietminh lorsque ceux-ci lancent une attaque. Diên Biên Phu est ainsi une défaite tactique mais aurait pu se transformer une victoire stratégique car l’armée vietnamienne a été presque entièrement détruite. Les accords de Genève en auront décidé autrement.


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