¿Por qué empezó y qué pasó en la guerra de más de 50 años que desangró a Colombia?, N. Cosoy, 2016

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         Les étudiants du Master 2 Pro E.C.A. ont lu pour vous l’article de Natalio Cosoy, ¿Por qué empezó y qué pasó en la guerra de más de 50 años que desangró a Colombia? du 24 août 2016, publié sur le site de la BBC World.

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  • Présentation de l’auteur :

         Natalio Cosoy est un journaliste argentin qui a débuté sa carrière sur Ciudad Digital, un média online, avant un court passage de deux ans à l’antenne pour ensuite rejoindre BBC World à Londres. En 2016, il devient correspondant en Colombie pour celle-ci. Il s’intéresse particulièrement à la guerre civile colombienne. Afin de nourrir sa réflexion, il quitte son domicile bogotanais pour  parcourir le littoral du pays, tant du côté du Pacifique que du côté des Caraïbes. Il y découvre les stigmates de la guerre : les amas de ruine, les champs truffés de mines anti-personnel, des cadavres gisant à même le sol… Il suit de près le processus de paix entre les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) et le gouvernement colombien initié en 2012 à l’initiative de Juan Manuel Santos, le président de Colombie. Son article « Pourquoi a commencé et que s’est-il passé pendant la guerre de plus de 50 ans qui a ensanglanté la Colombie ? » permet au lecteur de comprendre l’origine et l’évolution du conflit armé ainsi que son hypothétique résolution avec l’accord de paix conclu en septembre dernier.

  • Intérêt de l’article :

         L’intérêt premier de l’article de Natalio Cosoy est la vulgarisation de la guerre civile colombienne. Il offre au lecteur non spécialiste des conflits armés les clés de compréhension de celle-ci. Les causes de la guerre entre les FARC et l’État colombien sont clairement identifiées : la concentration des terres dans les mains des grands propriétaires fonciers, les fortes inégalités sociales, l’accaparement du pouvoir par les élites, l’emploi de la violence par le politique contre l’opposition. Il en ressort que les causes du conflit armé sont d’abord sociales et politiques, ce qui le distingue d’autres guerres civiles qui éclatent pour des raisons ethniques ou religieuses.

        Le journaliste met en exergue que cette guerre ne s’est pas limitée pas au cadre national mais qu’elle s’est inscrite dans la logique de l’affrontement des blocs. En effet, les FARC, étant d’inspiration lénino-marxiste, ont reçu un soutien financier et logistique de l’U.R.S.S. afin qu’elles s’emparent du pouvoir et ainsi étendre davantage le bloc soviétique.

Il souligne également le fait que la guerre civile met aux prises une pluralité d’acteurs. Elle oppose principalement les FARC à l’État colombien mais d’autres groupes paramilitaires tels que l’Armée de libération nationale, l’Armée populaire de libération ou le M-19 défient le pouvoir étatique. Cette pluralité d’acteurs a une conséquence sur l’issue de la guerre, elle ne pourra cesser par un accord de paix bilatéral entre les deux acteurs principaux. Cependant, les autres groupes paramilitaires possédant une force de frappe limitée, les pertes humaines et les dégâts matériels seront fortement diminués.

        L’auteur donne quelques éléments expliquant la durée de cette guerre (52 ans). Le niveau d’inégalités en Colombie, le caractère lucratif des cultures illicites, la corruption de la classe politique, la persécution de l’opposition de la part de l’État colombien sont des facteurs qui ont empêché la résolution du conflit armé. Il cite un événement funeste qui marqua la guérilla et la découragea de déposer les armes, l’assassinat en 1984 des membres du parti politique l’Union patriotique dont les FARC avaient récemment adhéré.

        De plus, il énonce les possibles motifs ayant conduit les FARC et l’État colombien à engager des négociations de paix. Du côté de la guérilla, la raison principale serait son affaiblissement consécutif à l’offensive prononcée de l’Armée colombienne sous les deux mandats d’Alvaro Uribe (2000-2008) et prolongée sous la présidence de Juan Manuel Santos. Du côté de la Colombie, ce serait l’incapacité à venir à bout de la guérilla malgré son affaiblissement.

        Enfin, il se montre optimiste quant à l’accord de paix à venir qui résoudra les causes de la guerre civile, à savoir la question foncière, la concentration des richesses, la persécution de l’opposition.

  • Choix de l’article :

        L’association PROECA a choisi cet article pour permettre au lecteur de comprendre un conflit armé majeur de l’Amérique latine qui met en évidence les maux dont souffre particulièrement une grande partie du continent, à savoir une concentration des terres aux mains des grands propriétaires fonciers, d’importantes inégalités sociales, une forte corruption, un accaparement du pouvoir par les élites… Ces maux ont dans certains cas conduit à une révolution (à Cuba par exemple), au développement du narcotrafic (au Mexique notamment), à des changements de régime (au Brésil, en Argentine) et à une longue et fratricide guerre en Colombie. Il permet donc de comprendre que les tensions sociales qui règnent en Amérique latine débouchent sur une forme plus ou moins prononcée de violence.

        De plus, l’article donne la possibilité au lecteur de tirer des enseignements relatifs à l’art de la guerre. En effet, il mentionne l’assassinat en 1984 des membres de l’Union patriotique, parti auquel les FARC avaient récemment adhéré, pour souligner l’échec de la tentative d’une résolution du conflit puis sa dégradation. Il en ressort que la manœuvre de l’État colombien consistant à décimer les FARC lors de leur adhésion à une forme pacifique d’opposition, un parti politique, s’est révélée contreproductive car elle a attisé la haine des guérilleros à l’égard du pouvoir étatique, ce qui a entraîné une intensification des combats. Dès lors, attaquer l’ennemi lorsqu’il se montre conciliant se retourne contre soi. L’auteur nous apprend que les FARC ont reçu un soutien financier et logistique de l’U.R.S.S. On peut en déduire que former des alliances augmente les chances de victoire. Il est important de noter que ces enseignements ne sont pas novateurs, on les retrouve dans L’art de la guerre de Sun Tzu. Cependant, tous les lecteurs n’ayant pas lu les écrits du général chinois, l’article de Natalio Cosoy leur offre une base de réflexion sur les stratégies guerrières.

Par Yoann Le Guillou de Creisquer


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