Synthèse : des stratégies « alternatives » — Bilan et perspective de vingt ans d’innovations théoriques et doctrinales

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          De nos jours, on observe en Occident une tendance à modérer les positions du passé en se focalisant sur les problème internes. Les agissements à l’extérieur se font moindre et de manière plus ciblée. La notion de « stratégie alternative » va alors s’inscrire dans des temporalités multiples et des approches évolutives.

Dans un premier temps c’est la notion technicienne et la réponse culturaliste qui concentreront le débat sur les « stratégies alternatives ». D’une part après les déconvenues expéditionnaires, la liberté d’action absolue sera consacrée par la technologie. C’est le Général Westmorland qui est à l’origine de ce paradigme techno-centré accompagnant une dynamique dans laquelle on remplacerait « partout où ce sera possible, l’homme par la machine ». Entre refonte des armés américaines et développement d’un armement inégalable sur le temps court, ce paradigme conduit à une projection de puissance facilitée. Ce progrès stratégique sera influencé par un lien entre théories, paradigmes et opérations lui-même rendu possible par le progrès de l’armement.

« La meilleur façon de conserver la paix, c’est de redéfinir la guerre selon nos propres termes »

— G. W. Bush

Néanmoins, dans une temporalité post-Guerre froide, c’est cette supériorité occidentale qui conduira à l’aveuglement des stratèges occidentaux. Les échecs et les incompréhensions amènent alors une réponse culturaliste.

L’absence de résultats politiques proportionnés, le ressentiment des populations et le modèle économique instable de ces guerres aboutissent à délaisser dans une moindre mesure l’efficacité pour la légitimité. Le versant humain est alors vécu comme nouveau. Les cadres changent : criminalisation de l’ennemi, engagements limités dans les conflits et opérations de police au détriment de la guerre en elle-même. Guerre régulière et irrégulière, paix, crise ou encore homeland defense, la sémantique évolue et modifie le regard des acteurs politiques et militaires. Des stratèges tels que Franck Hoffman, Andrew Mack, Kalevi Holsti, Edward Luttwak vont accompagner ce mouvement. Ces nouveautés seront caractérisées par une nécessité d’adaptation face aux notions de régularité et d’irrégularité présentes sur le plan opérationnel, juridique et moral. On voit apparaître une hypertrophie de la puissance de projection occidentale alors même qu’on évacue le sens politique de l’action.

L’approche globale utilisée pour sortir de cette impasse conduit finalement de la défense nationale à l’aspect purement sécuritaire et donc des temps long aux temps courts.

Illustration : un Lockheed Martin F-35 Lightning II américain, symbole de la surenchère technologique (et économique) érigée en modèle par l’armée américaine.

Par Boris Garcia


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